L’exposition « Sexe, l’expo qui dit tout », qui a été développée pour le Centre des Sciences de Montréal et qui est présentement à Ottawa, est une honte nationale. En fait, pour être plus précis, elle est « insultante pour les contribuables » selon le bureau de notre ministre du Patrimoine, James Moore.
Les groupes religieux pour la famille la dénoncent aussi, disant qu’elle encourage les relations sexuelles hors-mariage et homosexuelles. Décortiquons l’argument : puisque l’exposition ose présenter ces différents concepts, elle en fait automatiquement la promotion? Selon cette logique absurde, on pourrait argumenter que le cours d’Éthique et culture religieuse fait la promotion de la religion (oups, y’en a qui le croit…). Ou que le cours d’histoire du Québec, qui nous parle entre autre des combats des patriotes, d’Octobre ’70 ou des deux référendums encourage la souveraineté québécoise. Même logique.
Mais on va s’entendre sur quelque chose. Cette exposition n’en est pas une d’introduction à la sexualité. C’est plutôt un exercice de désamorçage. La grande majorité des adolescents qui visiteront cette exposition ne découvriront rien, ils ont déjà tout vu sur le web. Fellation, pénétration anale, simple ou double, orgies, sexe entre hommes, sexe entre femmes, masturbation, tout y est, facilement accessible. Les logiciels de contrôle parental sont peut-être utiles pour protéger les enfants, mais pas les ados qui, s’ils n’ont pas accès à ces images et vidéos chez eux, pourront les voir sans problème chez un ami. Et contrairement à ce que pourraient croire les divers groupes religieux de défense des valeurs traditionnelles, une telle exposition ne détruira jamais l’innocence et la pureté des moeurs de leurs enfants. À leur âge, c’est déjà gâché, ils ont tout vu. Une introduction malsaine à la sexualité, dans laquelle s’accumulent relations physiques dénuées d’affection, comportement irrespectueux, exploits acrobatique, bref, rien qui ne ressemble à la réalité.
Et c’est cela qu’il faut désamorcer : cette vision d’une sexualité fantasque, mise sur un piédestal, source de complexes pour tous ces jeunes qui n’arriveront jamais à égaler tous ces ébats spectaculaires. Désamorcer, ces scènes mal filmées et leur apprendre c’est quoi la base, qu’est-ce qui est normal, qu’est-ce qui existe pour vrai, qu’est-ce qui est sain et beau. C’est ce que fait cette exposition.
Et c’est, semblerait-il, insultant pour les contribuables.


