Billets contenant le mot-clé ‘Cinéma’

Mise en abîme inutile

2012
03.30

L’état du monde en 2012:

Autrefois réservées aux salles de cinéma, les bandes-annonces se découvrent une nouvelle raison d’être sur le web. Au point où leur dévoilement est désormais un tel évènement que les studios diffusent quelques jours d’avance des bandes-annonces des bandes-annonces qui s’en viennent.

Une pub d’une pub. On est rendu là.

Leçons de cinéma

2012
02.27

Quelques réflexions sur ce que les gagnants d’hier nous disent sur les Oscars.

Meilleur montage : Plusieurs ont été surpris de la victoire de The Girl With the Dragon Tattoo, hier soir. Les experts s’attendaient à ce que ce soit The Artist, puisque ce prix revient généralement au long-métrage qui remporte le trophée du meilleur film. Mais ce n’est pas toujours le cas, il arrive souvent, lorsque le grand gagnant de l’année ne suscite pas une vague immense rafflant tout sur son passage, que l’académie préfère remettre la statuette du meilleur montage à un film où le montage est évident. Donc un film frénétique (de qualité) qui multiplie les scènes d’actions, ou qui multiplie les sauts dans le temps avec une facture dynamique contemporaine. Bien sûr, ce qui n’est pas ce qui définit du bon montage. Un film lent, avec de longues prises et peu de coupes, pourrait faire preuve d’un montage génial où le choix de quoi montrer, quoi ne pas montrer, et quand, permet de raconter l’histoire d’une tout autre façon, mais ce type de montage passe inaperçu. Pour l’académie, un bon montage est un montage apparent. L’oscar est donc allé au film de David Fincher, avec son rythme contemporain et ses flashbacks.

Meilleur direction photo : Robert Richardson l’a emporté, pour ses magnifiques images de Hugo. Tous s’attendaient à ce que ce soit Emmanuel Lubezki qui l’emporte pour The Tree of Life. Le problème, c’est que l’académie aime les belles et grandes images. Soignées, léchées. Le travail de Lubezki sur le film de Terrence Malick était exceptionnel et magistral, réussissant à capturer avec des cadrages audacieux des moments magnifiques avec une lumière naturelle, une caméra improvisée et virevoltante qui nous fait parfois voir les choses comme on ne les a jamais vu. Mais Hugo avait un « look » plus classique, grandiose et raffiné. C’est ce qui convainc les membres de l’académie, faut croire. D’ailleurs, ce n’est pas la première fois qu’ils font le coup à Lubezki, qui était le favori en 2006 avec l’incroyable imagination visuelle dont il avait fait preuve dans Children of Men. Mais il s’est alors fait battre par un autre directeur photo mexicain : Guillermo Navarro pour les images (léchées, raffinées…) de Pan’s Labyrinth.

Meilleurs effets spéciaux : Depuis longtemps, ce prix revient  par défaut au film qui élevait les effets visuels à de nouveaux sommets techniques (Star Wars, Jurassic Park, Titanic). Mais puisqu’on a peut-être atteint un plateau (rien ne s’est fait de mieux qu’Avatar jusqu’à présent, et on est rendu au point où l’on peut virtuellement tout faire), les critères changeront peut-être pour récompenser la meilleure utilisation artistique des effets spéciaux, ou leur plus grande beauté visuelle. C’est probablement pour cela que Planet of the Apes (la production avec les effets spéciaux les plus époustouflants et accomplis d’un point de vue technique) a été devancé par Hugo (film avec des effets parfois imparfaits, et bien moins présents, mais combien magnifiques).

Meilleur scénario original : Je n’ai vraiment pas adoré Midnight in Paris, de Woody Allen, même que je dirais qu’il s’agit d’un film ordinaire. Pourquoi le prix du meilleur scénario alors? Parce que l’académie aime y récompenser les histoires avec des virements inattendus ou ceux qui ont un concept original. L’histoire d’Allen a un concept original, il est mal développé et m’a ennuyer. Mais, il a un concept original.

Meilleurs direction artistique (décors) : C’était la dernière chance à l’académie, cette année, de remettre une statuette à Suart Craig, le concepteur des extraordinaires décors de toute la série de films d’Harry Potter. Il a été en nomination quatre fois pour la série. La première fois (2001, une année où cette catégorie était bondée d’excellents concurrents), il n’a pas gagné, ni les fois suivantes. On aurait pu le couronner hier soir, pour la 2e partie des Reliques de la mort, mais les membres de l’académie ont du se dire qu’il n’y avait rien d’extrêmement nouveau dans cet épisode. Hogwarts, on l’avait déjà vu. Morale: si vous voulez gagner un oscar, arrangez-vous pour que votre accomplissement soit concentré dans un seul film (ce qui est généralement le cas…)

Meilleur acteur : Qu’est-ce que dit Jean Dujardin à tous ceux qui ne voyaient en lui, il y a quelques années, qu’un comique éphémère  à l’humour trop juvénile? “Je vous ai tous cassés!”

"Je vous ai tous cassés!"

Incubateur extrême

2012
02.21

Il est largement reconnu que La course destination monde a été un laboratoire incomparable pour des jeunes talents qui sont devenus les cinéastes d’aujourd’hui, tout comme l’a été l’ONF quelques décennies plus tôt. Aujourd’hui, ce rôle d’incubateur pourrait probablement être attribué à l’industrie des films de sports extrêmes, en particulier les films de snowboard, skateboard, ski, et autre.

Pourquoi? Parce c’est un secteur qui comporte bien plus que l’avalanche d’images filmées par des caméras miniatures fixées à des casques que l’on peut visionner sur YouTube. On y retrouve depuis plusieurs années une foule de jeunes créateurs autodidactes et polyvalents qui débordent d’ingéniosité pour trouver un nouveau décor, un nouveau point de vue, un nouvel angle, un nouveau mouvement, pour nous montrer ce que l’on croit avoir déjà vu 100 fois.

On peut regarder ce secteur audio-visuel de haut, réservé aux jeunes trippeux, certainement pas aux grands artistes diront certains. Mais force est de constater que ces jeunes passionés d’image ont été parmi les premiers à adopter les nouvelles technologies abordables de montage et tournage en haute définition, pour montrer, avec peu de moyens, la prouesse visuelle dont ils sont capables. Ils sont passés maîtres dans l’art des gros-plans, de la profondeur de champ, du décadrage, des ralentis, de l’utilisation de la musique, des décadrages, de la retouche de couleur en post-prod, etc.

Et ceux qui réussissent à percer dans ce bassin contingenté se voit accorder des moyens impressionnants (hélicoptère, grues…) pour pousser leurs idées encore plus loin. Bien sûr, ce n’est pas que pour l’art, il y a toute une machine commerciale derrière ça. Les planchistes et les réalisateurs sont subventionnés par les grandes compagnies d’équipement, de vêtements et par Redbull, donc leurs films deviennent de grands messages publicitaires de haute qualité. Mais cela n’enlève rien à l’imagination et au grand sens de l’esthétisme dont ils font preuve, image après image, et qui permet à certains d’entre-eux de se faire remarquer pour devenir la relève dans le monde de la pub, de  la musique et même à Hollywood. Comme Spike Jonze, réalisateur doué de Being John Malkovich et Adaptation, de nombreux vidéoclips et publicités célèbres et de ce segment d’ouverture du film de skate Fully Flared :

Toutefois, il y a un désavantage à tout ce phénomène, je l’explique dans ma prochaine chronique.

La dictature des études de marché

2011
12.05

J’évoquais, dans une chronique récente, l’absurdité des studios d’Hollywood lorsqu’ils choisissent de changer le titre d’un film (et ainsi de le dénaturer) pour des raisons de marketing, établies en fonction d’évaluations de marché et de sondage auprès de groupes cibles.

Je donnais l’exemple du prochain film John Carter. Un délicieux petit article indigné vient d’ailleurs d’être publié pour expliquer plus en détail les raisons du changement de nom de ce film de science-fiction. La situation est encore plus ridicule qu’on ne le croyait.

Le film, tout comme le roman d’origine, devait s’appeler “A Princess of Mars”, un titre qui donnait l’idée du ton, du genre et de l’histoire à laquelle on pouvait s’attendre.

Mais pour éviter d’effrayer l’auditoire masculin (qui est allergique aux princesses et à tout ce qui s’y rapporte), on a décidé d’appeler l’oeuvre “John Carter of Mars”.

Mais pour éviter d’effrayer l’auditoire féminin (qui est allergique aux planètes et à tout ce qui s’y rapporte), on a décidé d’appeler l’oeuvre “John Carter”.

Un nouveau titre qui veut tout dire.

Vous remercierez les études de marché.

L’audace nivelée

2011
11.26

Encore une fois, un petit chapitre pour vous montrer à quel point les réflexes sont devenus tordus dans les grands studios d’Hollywood.

D’abord, regardez la bande-annonce de Hugo, de Martin Scorsese, paru sur les écrans cette semaine. (Pour la petite histoire, le film est basé sur le livre jeunesse The Invention of Hugo Cabret, écrit par Bryan Selznick. Pourquoi ne pas avoir garder le titre original de l’oeuvre? Le film devait s’appeler Hugo Cabret, mais les tests auprès des “focus groups” ont montré aux dirigeants de studio que Hugo était plus vendeur. C’est punché. Même si ça veut presque rien dire, même si c’est bien moins indicateur que le titre du bouquin. Le processus a été similaire avec le film inspiré des romans John Carter of Mars, que Disney doit sortir en mars prochain. Le titre officiel: John Carter. Plus efficace, plus vendeur selon les sondages, même si ce titre pourrait être celui d’un film de policiers ou une comédie avec Tom Hanks, et non une aventure de science-fiction. Dernier exemple du genre: Harry Potter and the Philosopher’s Stone, titre original du premier tome de la série de J.K. Rowling et du premier film partout dans le monde sauf aux États-Unis, où il a été rebaptisé Harry Potter and the Sorcerer’s Stone. Parce que le mot “philosophe”, voyez-vous, ça fait fuir le public américain. Fin de la parenthèse)

Regardez la bande-annonce, donc…

Donc, un joli conte familial classique, rempli de magie et de bons sentiments, un spectacle grandiose, en 3D, de Martin Scorsese, qui nous présente ici l’oeuvre la plus “grand public” de sa filmographie.

Mais, c’est la fin de semaine du Thanksgiving aux États-Unis, période faste aux guichets, et il y a deux autres films familiaux qui ont pris l’affiche pour l’occasion : Arthur Christmas (film d’animation en 3D sur une vision moderne du Père Noël avec plein d’équipes de commandos de lutins mignons) et The Muppets (le retour des marionnettes tant adorées, avec une foule d’apparitions de célébrités). On ne jugera pas ici de la qualité et de l’originalité de ces trois oeuvres, elles ont toutes reçues d’excellentes critiques.

Mais j’attire votre attention sur cet article du site Box Office Mojo (une référence pour suivre les recettes des films). Au quatrième paragraphe, on y apprend que Hugo ne sortira que dans 1 277 salles en Amérique du Nord, ce qui est assez modeste pour un film de grand studio. C’est presque trois fois moins que pour les deux autres films de la fin de semaine. Pourquoi si peu de salle? C’est que Paramount Pictutres serait consciente du défi commercial que ce film représente, consciente que parmi les trois nouveaux films, Hugo est de loin le moins “mainstream”, bref, le plus périlleux à vendre.

Pourquoi? Parce que, je cite, c’est l’histoire d’un “garçon qui vit dans les coulisse d’une gare de Paris.” Voilà la réponse.

Racontez un récit qui se déroule ailleurs qu’aux États-Unis, avec un jeune démuni (donc qui n’a ni iPod, ni cellulaire, ni d’habits à la mode), et vous vous retrouvez avec une oeuvre audacieuse. Charles Dickens, c’est de l’underground.

On est rendu là.

Touché, complètement coulé

2011
07.29

Rien ne va plus à Hollywood.

Ce n’est pas nouveau, me direz-vous, mais l’horreur se creuse d’année en année.

Il y a de nombreuses raisons, dont celles-ci:

  1. L’allergie grandissante des grands studios aux concepts originaux, cherchant constamment à donner le feu vert à des produits qui ont déjà fait leur preuve: une suite, un remake, ou l’adaptation d’une oeuvre déjà existante, comme les jeux de société ou figurines. Vu le succès considérable des films de Transformers (et la quantité d’argent que cela a rapporté à Hasbro) les studios et les fabriquant de jeu cherchent à développer des films à partir des meilleurs vendeurs (Ouija, Monopoly, Clue et, oui, le Magic 8 Ball)
  2. L’apparente incapacité d’Hollywood de raconter les histoires dans leur forme classique, ne semblant pas pouvoir résister à l’envie de réinventer toutes les histoires, en leur accordant un traitement résolument hip, moderne et contemporain (ça accroche plus, selon les groupes-tests), même si la cohérence avec l’oeuvre originale en ressort perdante. L’apprenti-sorcier et les Schtroumpfs ne peuvent pas se passer dans leur cadre d’origine, bien sûr que non. Il faut que leur histoire soit transposée à New York. Et Sherlkock Holmes ne devient qu’un prétexte à la mascarade et aux scènes d’arts martiaux, relèguant la finesse intellectuelle du héros à une intrigue secondaire mal présentée. Comme si on voulait forcer des récits déjà extraordinaires dans des moules qui ne leur sied guère.

Et l’apogée de ces deux motifs de la médiocrité semble être atteint dans le prochain film Battleship, inspiré du populaire jeu de “touché-coulé”, dont la première bande-annonce est parue cette semaine. Qu’y voit-on? Tout d’abord des scènes d’armées sur des portes-avions (oublions la séance de pitoune se trémoussant dans le sable sur la plage). On se dit alors que peut-être ils auront réussi à tirer un intéressant thriller militaire de ce jeu de notre enfance.

Ce que je peux être naïf parfois.

La deuxième moitié nous montre ce qu’Hollywood avait réellement en tête en voulant faire un film de Battleship. Et cela n’a rien de rassurant.

Forcer une histoire potentiellement décente dans un moule déjà vu cent fois vous dites?

Traîner la prison en boulet

2011
07.15

J’ai vu le film Un prophète il y a quelques temps déjà. Cette histoire d’un jeune homme envoyé en tôle pour un délit mineur et qui en ressort à la tête d’une organisation criminelle était fascinante. Je n’ai aucune idée si c’était l’intention du réalisateur, mais ce qui m’a frappé dans ce film, c’était le constat de l’inefficacité de l’incarcération, qui fabrique des criminels plutôt que de les assagir, et de l’absurdité de notre réflexe d’enfermer des hommes dans un bâtiment lorsqu’ils ne savent pas fonctionner. Un constat maintes fois entendu, j’avoue, mais illustré de façon frappante dans ce film.

Et je me suis demandé: Pourquoi nous acharnons-nous à les emmurer, sachant que ça ne fait pas avancer grand chose? Serait-ce parce que c’est la seule solution que l’homme a trouvée, il y a de nombreux siècles, alors qu’il ne connaissait rien à la psychologie humaine? Serait-ce parce que nous avons gardé et traîné ce concept à travers les époques, le faisant évoluer, certes, mais sans jamais en questionner les fondements même? Parce que c’est ce que nous avons toujours fait?

Posons la question à l’envers: si on devait, au 21e siècle, faire table rase et concevoir à nouveau le meilleur moyen de punir/contrôler ceux qui ont commis des crimes, sans aucun égard à ce que l’on faisait avant, est-ce que la prison serait la solution que l’on retiendrait?

Je ne sais pas, mais la question mérite d’être posée.

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La poussière semble retombée sur le procès de Guy Turcotte. Tous ou presque ont donné leur verdict, même s’ils n’ont rien vu du procès.

Avec mes collègues, on discutait de ce jugement. Et on se disait que d’accord, le docteur Turcotte dans un moment de détresse et de folie passagère a assassiné ses deux enfants. Mais où est la limite avec tous ces gens qui tuent un proche par excès de rage soudain ou par crise de jalousie qui les aveugle. Eux aussi perdent la boule. Eux aussi n’auraient pas tué s’ils avaient garder leur raison, leur calme et leur sang froid. Peuvent-ils tous utiliser la défense de la santé mentale? Sont-ils tous non criminellement responsable?

Et cela re-soulève la question: ne faut-il pas justement concevoir un tout nouveau type de sentence qui pourra aider tous ces gens qui ont dérapé. Un endroit où leurs problèmes seraient pris en considération et où chercherait à les aider à les surmonter, dans un encadrement strict s’il le faut? Où les services seront adaptés les emmèneront à cheminer réellement au lieu de les enfermer dans un endroit malsain entouré d’individus patibulaires? Parce qu’un jour ou l’autre, ils finiront bien par retourner dans la société, et on a tout intérêt à ce qu’ils aient réglés leur problèmes personnels qui les ont poussé, un jour, à commettre l’irréparable.

Je ne sais pas, mais la question mérite d’être posée.

Pédigree publicitaire

2011
04.20

« From the director of… » voilà une formule publicitaire à laquelle on est assez habitué. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, la stratégie n’est pas de démontrer que le réalisateur du film que l’on cherche à vendre est talentueux (donc que le film risque d’être bon…). Le but, c’est plutôt d’établir un lien de continuité. Comme dans le cas de Inception, ici, l’objectif est de dire aux spectateurs « Vous vous souvenez de The Dark Knight? Vous avez aimé ce film? Eh bien Inception va lui ressembler. »

Depuis quelques années, on observe ce même concept, repris à toutes les sauces. Comme dans cette affiche du film Jennifer’s Body, qui souligne les mérites de la scénariste, et non du réalisateur comme c’était coutume.

Il faut comprendre que depuis un certain temps, Hollywood a horreur du vide généalogique. Tous les films doivent avoir des racines, doivent provenir de quelque chose d’autre que le spectateur potentiel puisse identifier. Parce que la nouveauté est bien trop risquée selon les calculs des grands conglomérats médiatiques à qui appartiennent les studios. Car qu’est-ce qui nous garantit que les spectateurs seront au rendez-vous si on leur offre quelque chose qu’ils n’ont jamais vu avant?

D’où le réflexe obsessionnel que chaque film (pardon, chaque investissement) soit lié à un succès pré-existant. C’est ce qui explique pourquoi tant de méga-productions sont soit des adaptations de bestsellers, de super-héros, de jeux populaires, d’émission de télévision, des suites, des reboot, des remakes…

Et si, horreur, le studio décide de produire un film original, aucunement inspiré d’une œuvre pré-existante, le département de la mise en marché ressent alors l’irrépressible désir de nous rassurer : « n’ayez pas peur, notre film est similaire à un autre que vous avez déjà aimé ». Ça, ils l’obtiennent en montrant les accomplissements passés des créateurs du film. C’est comme leur police d’assurance.

Mais honnêtement, parfois le processus dérape complètement. Quand les responsables du marketing se retrouvent devant un film original dont les principaux artisans n’ont rien de particulièrement glorieux dans leur CV, c’est la panique. Commence alors la recherche de n’importe qui dans l’équipe qui a quelque succès à son actif, même si son rôle dans la création du film est minime. Ça donne ça (c’est à 2:12) :

Pour votre information, un executive producer est généralement en charge d’aspects financiers du film, et ne participe pas au processus créatif. Donc, il n’est aucunement un gage de la qualité, ou même de la personnalité du film. Mais chuuuut, les spectateurs ne le savent pas.

Par moment, c’est carrément la compagnie de production au complet qui est citée en référence, ce qui n’est pas totalement incohérent lorsqu’il s’agit d’une petite boîte qui se spécialise dans un genre, comme Walden Media qui donne souvent dans les films fantastiques pour la famille.

Mais le lien devient complètement ahurissant lorsqu’un grand studio se met lui-même en référence.

Ici, Warner Bros. veut simplement nous rappeler qu’il y a 4 ans, elle a distribué un bon film créé par une équipe de production complètement différente, mais qui racontait aussi une histoire moderne de truands. Quelle influence cela a-t-il sur l’excellence de The Town? Je cherche encore. Mais on sent la détresse des publicitaires, qui cherchent n’importe quel lien possible.

Pour finir, je vous présente la bande-annonce qui m’a inspiré l’écriture de ce billet : The Rise of the Planet of the Apes (la phrase qui tue est à 1:06).

Ce qu’il faut en comprendre:

  • La qualité des effets spéciaux peut désormais devenir l’axe de vente principal d’un film, comme en témoigne également ce résumé du film qu’on peut trouver sur la page de la bande-annonce: «The Oscar-winning visual effects team that brought to life the worlds of Avatar and Lord of the Rings is breaking new ground, creating a CGI ape that delivers a dramatic performance of unprecedented emotion and intelligence».
  • Considérant que les publicitaires n’ont que ça de bien à dire sur le film, on peut décoder que tout le reste est loin d’être concluant.

Ça n’augure rien de bon.

Embrasser l’hystérie

2011
03.03

C’est la semaine de relâche, je garde ma petite soeur de 12 ans.

Aiguisez votre sens de la déduction: Qu’est-ce qu’on est allé voir au cinéma cette semaine?

Indice: c’est en 3D.

Eh oui, le film Justin Bieber: Never Say Never. Une sorte de documentaire montrant la (courte) biographie de ce jeune chanteur ontarien, avec des extraits de son spectacle en tournée. Et en plus, on est tombé sur le Director’s Fan Cut, une version allongée de 10 minutes qui est sortie 2 semaines après la première version du film, stratégie mercantile pour attirer encore plus de jeunes filles pâmées. Je pense à un plan, mémorable, en 3D bien sûr, où la jeune vedette donne, dans un ralentit extrême, un petit coup de tête secouant son légendaire toupet telle une vague gracieuse, moment générateur de cris multiples dans la salle.

Et pour répondre à votre plus grande interrogation: oui, j’ai aimé ça.

D’accord, c’était parfois long, mais l’histoire de ce gamin hyper-talentueux et charismatique, élevé par une mère adolescente monoparentale qui aujourd’hui regarde son fils avec un mélange de surprise et fierté, est touchante.

Mais surtout, c’est tout le temps consacré aux fans de la coqueluche. Ça crie, ça pleure, ça tremble, ça prie pour recevoir un bisou, et d’un point de vue extérieur, cette hystérie peut paraître hilarante. Mais les créateurs du film laisse ces fillettes et adolescentes s’exprimer, avec respect. Pour les spectateurs, comme moi, qui ne sont ni de grands connaisseurs et qui ne partagent pas cet amour viscéral, ça nous fait plonger dans leur univers, et réaliser que même s’il s’agit là d’une grosse machine commerciale destinée à vider les poches des parents des admiratrices, les émotions vécues par ces jeunes sont très vraies, elles ne jouent pas la comédie, leurs larmes sont sincères, et elles ne méritent pas d’être ridiculisées, comme on le fait trop souvent.

Boule de cristal – 1

2011
02.24

Alors, comme promis, pour vous aider dans vos prédictions en vue de la cérémonie des oscars de dimanche, je vous expliquerai dans ce billet (et le prochain) ce qu’il faut considérer pour faire des choix  valables. J’expliquerai, pour chaque catégorie (sauf quelques obscures, comme court-métrage documentaire), les critères qui permettent généralement à un film de gagner, puis comment cela ce traduit cette année.

Mais tout d’abord, quelques grands principes de base…

Premièrement, il y a le concept de la vague. Si un film est vraiment le coup de cœur de l’académie, il peut rafler beaucoup de prix, même ceux pour lesquels il n’était pas le favori. Ce pourrait être le cas cette année pour The King’s Speech, un film qui, à cause de sa dimension historique, a récolté plusieurs nominations techniques. Personnellement, je ne crois pas qui récoltera tout sur son passage, je ne suis pas persuadé que l’académie est en amour avec ce film à ce point (comme ce fut le cas pour Slumdog Millionaire, disons). Autre inconnu: peut-être que l’académie a adoré True Grit et déclarera son amour au film des frères Coen en lui remettant plusieurs prix techniques qu’on aurait crus dédiés à Inception.

À l’inverse, un film qui est passé inaperçu ou qui est assez mauvais a généralement peu de chance de gagner un prix, même pour une catégorie technique dans laquelle il excelle. Un film a beau avoir des effets sonores extraordinaires, si l’œuvre est considérée comme un navet, cela diminue pas mal ses chances.

On peut aussi observer parfois un effet de rebond (ou « backslash », si vous préférez). C’est à dire, un candidat qui est considéré favori par tous les analystes et qui a gagné tous les prix avant les oscars peut terminer perdant. Soit parce que les membres de l’académie aiment bien montrer qu’ils peuvent prendre eux-mêmes des décision et qu’ils ne font pas que suivre les autres, soit parce qu’ils veulent donner un peu de gloire à un autre excellent finaliste qui n’a rien récolté jusqu’à présent.

Et finalement, malgré tous les principes qui existent et les théories qui tentent de prédire les votes, il y a toujours des vainqueurs qui auront déjoué les analystes. À chaque soirée, il y a une ou plusieurs surprises.

Vous trouverez ici toutes les nominations dans chacune des catégories

Et les liens, au cours du texte, font souvent référence à des vidéos ou making-off, vous permettant d’explorer l’élément technique dont je parle.

Bon allons-y…

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MEILLEUR FILM D’ANIMATION

Généralement, cela va au film qui a été le plus apprécié de façon unanime. Les critiques sont un bon indicateur. Souvent, c’est le film de Pixar (qui année après année, produit le film qui a la meilleure cote sur Rotten Tomatoes, un site qui donne une note à chaque film en fonction de toutes les critiques reçues)

Cette année, Toy Story 3, est également en nomination pour l’oscar du meilleur film. Ce qui règle la question. Quoi que certains pourraient être tannés de voir Pixar tout remporter son passage, et seraient tentés de voter pour l’autre grand succès populaire de bon calibre : How to Train your Dragon. Une surprise est à peine possible ici.

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MEILLEURS MAQUILLAGES

À la base, le maquillage le plus complexe l’emporte (on pense à des personnages imaginaires qui demandent des prothèses faciales complètes, comme The Grinch ou Lord of the Rings), mais le vieillissement d’acteurs connus est aussi générateur d’oscar.

Cette année, plusieurs concluent rapidement que The Wolfman l’emportera haut la main pour avoir transformé Benicio Del Toro en loup garou. Je demeure sceptique, parce que ce film a été un échec, et jamais un film médiocre n’a réussi à remporter ce prix, malgré de très bons maquillages. Ce ne sera pas la première fois que les oscars ignorent des maquillages complexes. En 2002, Frida avait gagné ce prix, alors que Planet of the Apes n’avait même pas été nominé. Stupéfaits? Et moi donc.

Je vote pour Barney’s Version, qui présente le personnage de Paul Giammati durant différentes époques de sa vie (il est donc vieilli, subtilement).

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MEILLEURS COSTUMES

Voilà une catégorie qui semble assez déconnectée des grands favoris de la soirée. Plusieurs films qui n’ont pas vraiment de rayonnement ailleurs triomphent ici. En fait, un seul critère est important : plus les costumes (pour femmes, souvent) sont visibles, spectaculaires, impressionnants, meilleures sont les chances. Cela implique généralement des films historiques, et si l’histoire se déroule durant un faste contexte royal quelconque, alors on a un gagnant. Voyez d’ailleurs les récipiendaires des dernières années : The Young Victoria, The Duchess, Elizabeth : The Golden Age, Marie Antoinette.

Donc, par défaut, on serait porté à croire que The King’s Speech l’emportera haut a main, non? Pas si sûr. Oui, c’est un film historique, royal de surcroit, et une vague d’amour pour ce film pourrait lui accorder cette statuette, mais les costumes ne sont pas flamboyants, notamment parce qu’on est dans les années ’30 (et non une l’époque victorienne) et que la femme du roi a des goûts vestimentaires assez sobres.

Alice in Wonderland, par contre, présente un éventail de costumes riches en couleur et tape-à-l’œil. Et en plus, c’est dans un contexte royal (la reine des cœurs et sa sœur, la reine blanche). L’académie est comblée.

The Tempest semble avoir des costumes aussi très originaux, mais le film est tellement passé inaperçu que cela annule probablement ses chances.

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MEILLEURE DIRECTION ARTISTIQUE (DÉCORS)

Comme la catégorie précédente, le plus impressionnant le mieux, généralement, avec une très grosse longueur d’avance pour les films avec une touche historique. Étrangement, on y retrouve plus de films de haut calibre que dans la catégorie des meilleurs costumes (je veux dire par là des films qui ont plusieurs nominations dans d’autres catégories). Que le récit soit fantaisiste ou réaliste, les décors doivent avoir une présence forte, souvent impressionnante, où l’on sent qu’il y a eu un processus de création pour atteindre quelque chose de grandiose.

Cette année, c’est une catégorie difficile à prédire. Plusieurs analystes prévoient The King’s Speech. Bien que la vague pourrait le favoriser, une bonne partie des décors que l’on y voit semblent être des lieux déjà existants. Est-ce que les membres de l’académie font la différence, j’en doute, mais en même temps, tous les gagnants des années précédentes ont en majorité recours à des décors et accessoires consruits spécialement pour le film.

Alice in Wonderland pourrait l’emporter, mais la grande majorité des décors ont été ajoutés à l’ordinateur. Cela n’a toutefois pas empêché Avatar de gagner ce prix l’an passé, par contre. Est-ce que l’académie voit ce prix comm un de design, désormais, et non un de construction de décors réels? Peut-être.

La troisième probabilité serait Inception, qui a remporté ce prix dans  plusieurs autres galas jusqu’à présent. Ce serait un choix inhabituel (sauf Avatar, la science fiction a rarement sa place dans cette catégorie) mais la variété des mondes créés, les décors impossibles, le grand hall japonais rempli d’eau au début et le corridor qui tourne comme une roulette de hamster pourraient mériter ce trophée. C’est mon choix personnel.

Et finalement, si les votants aiment vraiment True Grit, ils pourraient être tentés de le récompenser au travers ce prix (pour son village western), un des seuls qu’il a des chances de récolter durant la soirée. Mais ce serait surprenant puisque la majorité du film se passe en plein air.

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MEILLEURE MUSIQUE ORIGINALE

Cette catégorie est très variable d’année en année (Le Violon Rouge, Brokeback Mountain, Slumdog Millionaire, Up, Frida). Les gagnants semblent tous avoir une musique très présente dans le film, qui participe à son identité et qui ne joue pas qu’un simple rôle d’arrière plan. Bref, les membres de l’académie doivent la remarquer. Une bande sonore qui a sa propre couleur originale, souvent avec une mélodie claire, et non seulement des notes d’ambiance.

Cette catégorie est également difficile cette année. Social Network offre l’utilisation la plus intéressante de sa trame sonore, des pièces électroniques qui définissent bien le film et lui donne un ton très distinctif. Je crois qu’il l’emportera, mais la musique sera peut-être trop contemporaine au goût de plusieurs.

The King’s Speech est aussi un candidat sérieux. La musique proprette et raffinée d’Alexandre Desplat est un genre que l’académie semble bien aimer (Finding Neverland), mais puisqu’elle est effacée, quelconque et aucunement originale, ce n’est pas gagné d’avance. Ironiquement, il est probable que des gens votent pour ce film à cause des pièces musicales qui se démarquent le plus, soit celles composées par Beethoven, qui sont joués pendant des moments clés de l’histoire. Personnellement, je serais déçu si ce film remportait ce prix.

Dernière possibilité : Inception, pour la musique massive de Hans Zimmer. Mais la lourdeur des arrangements peut en effrayer plus d’un (et est-ce qu’un film d’action peut réellement remporter le prix de la meilleure musique? Inconcevable, pour plusieurs…)

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MEILLEURE CHANSON

Voilà une catégorie assez simple : il faut une bonne chanson, qui accroche. Si elle a été un succès populaire, ou si elle a été composée par un artiste connu, alors cela augmente ses chances. Dans les dernières années, les choix ont été très variés, passant du western (Crazy Heart) au rap (Lose Yourself) en passant par du pop indien (Slumdog Millionaire). Parfois, des films obscurs emportent ce prix.

Cette année, aucune des chansons nommées ne s’est vraiment démarqué sur les ondes radio. « I See the Light » du dessin animé Tangled est chouette, mais aurait gagné il y a 15 ans, quand les ballades de Disney raflaient tous les prix musicaux. « If I Rise » composée par A.R. Rahman pour 127 hours, et interprétée par Dido, est bien joli, mais le manque de mélodie n’est pas très vendeur.

« We Belong Together » de Randy Newman pour Toy Story 3 pourrait l’emporter, afin de donner des trophées à ce film, et ainsi récompenser le compositeur pour tout son travail sur la trilogie. Mais la toune, honnêtement, est très ordinaire.

Reste « Coming Home », du film Country Strong, interprété par Gwyneth Paltrow. La mélodie est accrocheuse et il s’agit probablement du titre qui se démarque le plus du lot. Rien de très original, mais d’un point de vue pop, la chanson est efficace. Et c’est chanté par une actrice glamour elle-même récipiendaire d’un oscar. Ça ne peut pas nuire. Mais le film a été un flop, ce n’est donc pas garanti. Je vote quand même pour cette chanson.

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MEILLEURE DIRECTION PHOTO

La direction photo est un art complexe qui demande grande maîtrise de l’éclairage, de la profondeur de champ, du type de lentilles, du choix de pellicule, de l’harmonie des couleurs, afin de créer un style visuel distinctif. Est-ce que tout cela est pris en considération par les milliers de membres de l’académie? Non. Pour eux, cela se résume à : est-ce que c’est beau? Et plus précisément, dans bien des cas, est ce qu’il y a de beaux paysages? L’esthétique plastique l’emporte généralement sur l’innovation visuelle.

Cela favorise donc True Grit, pour ses belles images en décor naturel. Et par le fait même, ce sera l’occasion pour l’académie de récompenser enfin Roger Deakins, un des meilleurs directeurs photo de sa génération qui n’a jamais remporté d’oscar, malgré ses neuf nominations.

Inception a tout de même des chances, la direction photo de Wally Pfister est magnifique et il a remporté plusieurs prix pour son travail sur ce film. Mais… il manque les beaux paysages.

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MEILLEUR MONTAGE

Un bon montage devrait passer inaperçu. Mais, comme plusieurs autres prix, les membres de l’académie veulent que le travail de montage paraisse à l’écran pour qu’ils le récompensent. Deux genres de films peuvent donc se mériter ce prix : ceux qui présentent une histoire complexe, avec plusieurs récits en parallèle (Crash, Traffic) et ceux qui on rythme soutenu et des scènes d’action efficaces (The Matrix, Black Hawk Down, The Hurt Locker).

Donc, selon ces critères, Inception devrait l’emporter haut la main? Il a le récit complexe et l’action frénétique? Ben non, y’a même pas de nomination. C’est à n’y rien comprendre.

Prochain sur la liste : The Social Network, pour la construction complexe de son récit, qui se déroule à trois niveaux différents, et ses montages en parallèles. Ce sera aussi l’une des seules catégories importantes où Social Network a des chances sérieuses, les membres de l’académie voudront en profiter, en consolation pour ne pas avoir donné le prix du meilleur film.

127 hours pourrait créer la surprise pour son rythme nerveux, ou The Fighter pour ses scènes de boxe.

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MEILLEUR MIXAGE SONORE

Ce prix récompense le film qui marie le mieux tous les sons : dialogues, ambiances, effets et musique. Soit les films qui ont des scènes d’action/aventure de haut calibre (King Kong, The Bourne Ultimatum, Saving Private Ryan) ou qui laissent beaucoup de place à la musique (Dreamgirls, Ray) remportent ce prix.  La plupart du temps, ce sont des films qui font partie des favoris de la soirée. Encore une fois, il faut que les votants le remarque, alors il faut que le ça soit fort…

Inception s’impose donc ici, puisque c’est LE film d’action de l’année, qu’il est aimé par tous, que ça pète de partout et que la musique est tonitruante. Cela veut automatiquement dire que c’est le meilleur mix de l’année non?

Si les académiciens sont audacieux, ils choisiront The Social Network pour la façon surprenante avec laquelle la musique se mêle au récit.

Et True Grit, qui a remporté le prix remis par l’Association des concepteurs sonores, pourrait l’emporter. Raison : Y’a des coups de fusils non? C’est des gros sons ça. C’est donc un bon mix.

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MEILLEURS EFFETS SPÉCIAUX SONORES

Les académiciens ne font pas très bien la différence entre les deux catégories de son, mais ils accordent toujours ce prix à un film d’action/aventure/science-fiction. Pas nécessairement celui qui comporte le plus de travail créatif au niveau sonore (Wall-E a perdu il y a deux ans), les membres de l’académie ne poussent pas la réflexion à ce point pour un prix aussi futile (!). Ils évaluent plutôt celui qui, en apparence, paraît le plus bruyant.

Réponse : Inception

Possible surprise : Tron : Legacy. Mais Inception a été si unanimement aimé, notamment pour son excellence technique, qu’on voit mal comment il pourrait être délogé. Si les académiciens ont vraiment un élan d’amour pour True Grit ils pourraient vouloir le récompenser ici, mais je serais vraiment surpris.

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MEILLEURS EFFETS VISUELS

C’est assez simple : le film qui a les effets spéciaux les plus spectaculaires, sans failles, et qui pousse les limites de ce qui était possible. C’est un domaine qui est en constante évolution, et chaque avancée majeure (Avatar, Lord of the Rings) est récompensée. Ce n’est donc pas une récompense pour la beauté artistique des effets spéciaux, mais plutôt pour leur prouesse technique.

Un seul choix s’impose : Inception, qui nous a jeté par terre cette année, avec son mélange de maquettes, d’animation 3D, de retouche numérique et de décors en mouvements.

La suite, demain.