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Folklore scatologique

2012
07.03

Extrait d’un carnet de voyage, écrit lors d’un passage aux Îles de la Madeleine, en septembre 2010.

C’était la fête des cantons aujourd’hui, au village de Bassin dans l’île de Havre-Aubert. Au programme : une épluchette, un groupe de musique, des hot-dogs, des prix de présence et…et… et… le concours du « ti-bœuf » (que d’autres surnomment le concours « du bœuf qui chie », ce qui est plus juste comme titre).

Alors en résumé, il y a, juste derrière le centre où se trouve la fête, un terrain gazonné où est dessiné à la craie un immense carellage composé de centaines de petites sections numérotées d’environ 50 centimètres de côté. Durant la journée, les gens qui veulent participer paient pour « acheter » un carré (ou plutôt pour miser dessus). Lorsque l’activité commence, on envoie le bœuf sur le terrain, autour duquel sont amassées 300 personnes, et on attend qu’il fasse son tas. Tout ceux qui ont misé prient pour qu’il fasse son besoin sur leur bout de terrain, puisque l’heureux propriétaire du carré sur lequel aura été déféqué le dit-tas récoltera environ 300$.

C’est assez de base comme concept.

Extrait des règlements expliqués au micro quelques minutes avant l’entrée de la bête sur l’échiquier : « On demanderait à tout le monde de rester calme, de ne pas s’énerver et ne pas crier; cela pourrait énerver le bœuf. Aussi, si la bouse atterrit sur une ligne ou sur un coin divisant deux carrés, des juges se chargeront de décider sur quel terrain se trouve la plus grande partie du tas. Finalement, si le bœuf n’a pas chié après 20 minutes, un tirage au sort sera tenu pour déterminer le gagnant. »

À ce qu’on nous raconte, cette nouvelle disposition (la limite de 20 minutes) s’est avérée nécessaire, puisque une fois, il y a quelques années, cela a pris plusieurs heures avant que le bovin ne se soulage. Et l’année suivante, pour éviter l’embarras, quelqu’un aurait eu l’ingénieuse initiative de donner du laxatif à la bête.
Résultat : elle a chié partout dans sa remorque durant le trajet qui l’emmenait à la fête foraine et il ne lui restait plus rien pour le concours.