Incubateur extrême

2012
02.21

Il est largement reconnu que La course destination monde a été un laboratoire incomparable pour des jeunes talents qui sont devenus les cinéastes d’aujourd’hui, tout comme l’a été l’ONF quelques décennies plus tôt. Aujourd’hui, ce rôle d’incubateur pourrait probablement être attribué à l’industrie des films de sports extrêmes, en particulier les films de snowboard, skateboard, ski, et autre.

Pourquoi? Parce c’est un secteur qui comporte bien plus que l’avalanche d’images filmées par des caméras miniatures fixées à des casques que l’on peut visionner sur YouTube. On y retrouve depuis plusieurs années une foule de jeunes créateurs autodidactes et polyvalents qui débordent d’ingéniosité pour trouver un nouveau décor, un nouveau point de vue, un nouvel angle, un nouveau mouvement, pour nous montrer ce que l’on croit avoir déjà vu 100 fois.

On peut regarder ce secteur audio-visuel de haut, réservé aux jeunes trippeux, certainement pas aux grands artistes diront certains. Mais force est de constater que ces jeunes passionés d’image ont été parmi les premiers à adopter les nouvelles technologies abordables de montage et tournage en haute définition, pour montrer, avec peu de moyens, la prouesse visuelle dont ils sont capables. Ils sont passés maîtres dans l’art des gros-plans, de la profondeur de champ, du décadrage, des ralentis, de l’utilisation de la musique, des décadrages, de la retouche de couleur en post-prod, etc.

Et ceux qui réussissent à percer dans ce bassin contingenté se voit accorder des moyens impressionnants (hélicoptère, grues…) pour pousser leurs idées encore plus loin. Bien sûr, ce n’est pas que pour l’art, il y a toute une machine commerciale derrière ça. Les planchistes et les réalisateurs sont subventionnés par les grandes compagnies d’équipement, de vêtements et par Redbull, donc leurs films deviennent de grands messages publicitaires de haute qualité. Mais cela n’enlève rien à l’imagination et au grand sens de l’esthétisme dont ils font preuve, image après image, et qui permet à certains d’entre-eux de se faire remarquer pour devenir la relève dans le monde de la pub, de  la musique et même à Hollywood. Comme Spike Jonze, réalisateur doué de Being John Malkovich et Adaptation, de nombreux vidéoclips et publicités célèbres et de ce segment d’ouverture du film de skate Fully Flared :

Toutefois, il y a un désavantage à tout ce phénomène, je l’explique dans ma prochaine chronique.

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