Reculer de quelques cases

2011
11.30

Tout d’un coup, les médias se sont intéressés au sort d’une réserve autochtone, Attawapiscat, en Ontario, puisque la Croix-Rouge y est débarqué à cause de la crise du logement qui y sévit, et de l’hiver qui approche à grand pas alors que des centaines de personnes vivent sous des tentes.

Le gouvernement fédéral, qui ne comprend pas comment la communauté a dépensé les millions qu’elle a reçus au cours des dernières années, a décidé de mettre la communauté sous tutelle, « pour s’assurer que les besoins de la communauté soient considérés » (c’est une formulation insultante, qui insinue que le conseil n’avait pas à coeur le bien être de sa communauté, mais bon passons…).

Que cette mesure sévère soit justifiée ou pas, elle a pour effet de saccager une bonne partie des efforts effectués depuis des années par des milliers d’autochtones qui tentent de prouver au gouvernement, mais surtout au reste de la population du pays, qu’ils sont capables d’assurer une bonne gouvernance de leurs communautés.

Dans cet éternel jeux de serpent et échelle où les autochtones tentent tant bien que mal d’avancer en améliorer leur image auprès des non-autochtones, j’ai peur qu’ils viennent de tomber sur un bon serpent qui vient tout juste de les faire reculer de quelques cases. On vient de revenir au symbole, désolant, des indiens irresponsables qui sont incapable de s’occuper d’eux-mêmes sans la présence, paternelle, des autorités blanches.

Mots-clés: , , , ,

Laissez un commentaire